dimanche 7 juin 2009

Merci, s'il-vous-plait


Six heures et demie de vol. Assise. Une nuit sans sommeil. Finalement l’avion touche le sol et s’immobilise. Je suis en Europe. Je me retrouve en Belgique, mais dans un aéroport étonnamment semblable à celui que j’ai quitté plusieurs heures plus tôt. J’ai décidé alors que mon premier contact avec la Belgique ne serait pas dicté par mes aprioris québécois, écartant ainsi tout doute, selon lequel la Belgique serait peut-être en fin de compte pareille au Québec, je me dirige vers la sortie, épuisée.

Premier choc: les voitures. Je ne saurais pas comment expliquer ce qu’elles ont de différentes, sinon qu’elles me semblent plus étroites, voir plus carrées. Les modèles sont différents, aussi, mais je m’y connais bien peu en automobiles, alors je ne me lancerai pas dans plus de détails. Deuxième choc, encore plus grand que le premier: l’architecture! J’adore. Tout me semble ancien, et il n’y a aucun espace entre les bâtisses. De plus, comme les voitures, les immeubles sont très étroits, bâtis en hauteur, carrés. La ville m’inspire la prospérité.



Il existe beaucoup de différences frappantes entre le Québec et la Belgique, du moins pour ce que j’en connais. Ici, les rues ne sont pas parallèles et perpendiculaires; elles partent en tous sens, et se rejoignent pour former des «places», puis repartent aussi vite. L’effet est étourdissant. Aussi, en plus de l’autobus et du métro, qui comptent un nombre infini de parcours différents, Bruxelles propose le train, pour les plus grandes distances, ainsi que le tramway électrique, comme on en a déjà eu à Montréal. L’éventail de transport en commun permet ainsi de se déplacer partout, et incite sa population à moins utiliser leur voiture.

En Europe, il est encore permis de fumer dans les lieux publics. De plus, les gens sont plus respectueux, moins individualistes, et sont régis par une série de règles non écrites que les Québécois, du moins les Montréalais, semblent avoir depuis longtemps oubliées. Ici, par exemple, ils cèdent le passage à ceux qui sortent d’un lieu avant d’entrer. Avec le sourire. Les voitures laissent la priorité aux piétons, et lorsqu’on les remercie, ils répondent «s’il-vous-plait.»

Par contre, comme à Montréal, la population bruxelloise est tiraillée entre deux langues: le français, et le néerlandais. Dans le quartier où nous logeons, les gens parlent majoritairement français; mais pour prendre le métro ou le train, c’est moins simple: la quasi-totalité des indications sont écrites en néerlandais. On voit bien qu’il y a un effort pour intégrer les deux langues, mais on sait qu’il existe un conflit entre les deux, semblable à celui qui perdure au Québec où certaines situations conflictuelles troublent le rapport de l’anglais et du français.

Mon premier contact avec l’Europe vaut cent fois le décalage horaire et le long trajet d’avion. Ma première journée en Belgique s’est déroulée assez lentement, compte tenu de la fatigue, mais j’ai pu dormir assez pour bien me réveiller le lendemain matin, et je l’avoue, Bruxelles est une ville encore plus merveilleuse lorsqu’on a les yeux bien ouverts.

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