lundi 8 juin 2009

Bruges-la-Belle


Voici venir l'aube de l'été.
Sur un pont, tu laisses tes longs cheveux s'envoler,
s'entremêler à la cime de ton visage
tels des fouets devant ton regard
le faisant vibrer et miroiter.
Tes yeux limpides suivent le courant de tes pensées,
de tes humeurs.
Les passants viennent s'y mirer.
C'est un échange: tu leur ouvres ton âme, ils y noient la leur.
Ta voix cuivrée qui chante les heures ramène les rêveurs
de leurs lointaines chimères.
Elles sonnent les cloches de la réalité à l'ombre de ton immense tour de garde.
Tu dictes le temps; le jour et la nuit sont à tes pieds.
Derrière les murs de ton mystère sacré
se cache un choeur d'où jaillit la mélodie qui redonne espoir aux égarés.
Tu les charmes, ils suivent tes courbes jusqu'au plus loin de toi-même.
Tu tournes, les mêles et les entremêles au rythme de tes passions,
de tes saisons.
Ta peau ambrée enivre les hommes;
tes effluves sucrées viennent les tenter.
Tes habits de dentelle de loin font ta renommée.
Ils n'ont pas d'âge, et traversent le temps.
Tes parures dorées en accentuent l'étrange beauté.
De partout on vient t'admirer.
Le monde entier a frôlé de ses pieds
le pavé de ton être.
Ils sont repartis, tu es seule et fidèle, toi l'éternelle.
Tu as inspiré les grands poètes,
engendré bon nombre de peintres.
Pourtant, tu restes triste et grise.
À jamais ton être attend inlassablement
les rayons d'un soleil lointain.
Tu cherches le pas déraciné et silencieux
du voyageur solitaire en quête d'une contrée enchanteresse:
la tienne,
car tu es Bruges...
Bruges-la-Belle.

Marilyne et Audrey

2 commentaires:

  1. C'est tellement beau de vous lire toutes deux... J'ai réellement l'impression de lire autant Mary qu'Audrey... C'est superbe: j'imagine que la Belgique l'est tout autant :)

    Vous me manquez beaucoup, mes choupinettes!

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  2. Ici, on attend désespérément venir l'aube de l'été.
    Assis à mon bureau, mes cheveux sont à l'image de mon enthousiasme: figés.
    Mes yeux envieux suivent le fil de vos pensées,
    de vos humeurs.
    C'est un échange: vous nous offrez vos âmes, je m'abreuve de vos histoires.
    Vous figez le temps; le jour et la nuit sont à vos pieds.
    Derrière les rêves de vos mots sacrés
    se cachent des coeurs d'où jaillit la mélodie qui redonne espoir aux laissés-pour-compte.
    Vous les charmez, ils suivent vos chants jusqu'au plus loin d'eux-mêmes.
    Vous n'avez plus d'âge: chantez, dansez, riez.
    Le monde entier vous offre ses beautés:
    Captez-les!
    Ne soyez pas tristes et grises.
    À jamais vous attendez impatiemment
    les rayons d'un soleil prochain.
    Vous cherchez les pas nostalgiques et silencieux
    des voyageurs passés venus s'émerveiller des beautés du monde.
    Regardez, de tous vos yeux, regardez, disait Jules Verne...
    Vous êtes curieuses et émerveillées...

    Xanthippe

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